Accès depuis la rue de Tolbiac : 56 marches, presque 9 mètres. On débouche sur un panorama d’immeuble matricés et inexpressifs. La dalle est bruyante. Les discussions se répercutent entre les parois immenses d’immeubles aux alvéoles trop bien rangées pour être celles d’abeilles géantes. Cependant, à observer les cases de béton savamment biseauté, je me prends à rêver à ce futur où elle constituait l’unique accès à sa case (rang 26 /colonne 3 /unité mexico) via ces véhicules en lévitation qu’affectionne une certaine science fiction. Pourtant, c’est bien au sol que se situe l’adresse, rue du Disque, rue du Javelot. 28 marches de plus, le long de Squaw Valley, 15 étages de mosaïque éteinte, fripes et babioles s’étalent sur des tréteaux. La modernité éventée fait son marché aux puces. La crèche va être reconstruite, et la dalle rénovée, dit une dame qui prend des photos. La dalle vient mourir en regardant Ivry entre plus de tours semblables. Le sol reste caché sous une mer de marronniers sur lesquels on pourrait flotter, poussé par le vent frais qui sinue entre les barres. Béton, jean tergal, ‘vas y nique ta race’. Troisième niveau, un jardin condamné. L’herbe a poussé entre les dalles de béton, et les gigantesques pots des tilleuls se fissurent. Le jardin domine un trou béant où les voies ferrées de l’ancienne gare des gobelins s’engouffrent sous la dalle. Une bande de gamins vient y trainer. Ironie du temps, un parfum de nostalgie tenace embaume aujourd’hui l’utopie d’hier.
Texte : Emilien Gohaud. Photo : Angèle Gohaud
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Carte IGN Paris 15


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