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Ceux qui attendent la paix n’attendent pas, rien. Je ne pense même pas à la paix, je voudrais savoir où il se trouve, savoir quelque chose. Depuis Riby rien d’autre. La paix m’apparaît comme une échéance lointaine encore, je n’ose pas la croire proche. Je vis d’heure en heure, je dure de matinée en après-midi. Toujours rien. L’attente devient fixe. La paix m’apparaît comme un crépuscule qui s’étendra sur des morts. Alors il n’y aura pas de raisons de ne pas avoir de nouvelles, il y aura de moins en moins de raisons. La paix : nuit profonde. Ce sera aussi le commencement de l’oubli.

Marguerite Duras, Cahiers de la guerre

 

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