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Lu dans L’Express que Johnny Hallyday, qui semblait en perte de vitesse et qui ne s’était pas produit depuis sa tentative de suicide, a fait une rentrée triomphale à L’Olympia. Mais à quel prix ! Vers la fin, une bouteille de whisky à la main, il a ôté sa chemise et l’a lancée au public ; il a demandé s’il n’y avait pas ici une ”fille pour l’aimer …”. L’on dirait qu’à la différence des monstres “sacrés”, qui étaient encore des acteurs (jouant des personnages et qui prêtaient à la légende seulement dans leur vie privée), les “idoles” d’aujourd’hui (feu James Dean, Brigitte Bardot, JH, etc) sont appréciés dans la seule mesure où elles jouent leur propre personnage. Avec elles, plus de “distanciation” : pour son public, JH n’est pas un artiste qui chante des chansons, il est JH chantant.

Dans le domaine littéraire, l’intérêt porté à la littérature de confession est peut-être quelque chose du même ordre : on aime voir l’écrivain en chair et en os au lieu de s’intéresser seulement à ce qu’il écrit. […]

A la limite, on peut penser qu’un jour viendra où l’art ne sera plus qu’un médiateur gênant, écran interposé entre l’idole (sur quelque mode qu’elle s’exprime, théâtre, littérature ou peinture) et son public. Ou si un art subsiste, il se réduira à l’art de se présenter.

Michel LEIRIS, Journal, (27 octobre 1966)

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Commentaire

  1. gmc a dit le 8 mar 2008 :

    FOURBIS DE FIBRILLES

    Les savants voient toujours l’art
    Avec leurs lunettes d’obsidienne
    Et leurs cagoules sans trous
    Jamais ils ne voient
    Pleurer la mer
    Danser le feu
    Et chanter le vent
    Ces forçats et galériens
    Du bulbe endimanché
    Dans la torpeur de leurs bagnes
    Biffures sur le sable
    Que la mer oublie sans même sourciller

    «J’estime, pour ce qui me concerne, que mon incapacité persistante de dominer la hantise de la mort m’empêche d’être tout à fait un homme et même, en quelque sorte, d’exister» (michel leiris)

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